Est ce que l’arrêt maladie compte pour le chômage ? Comment est calculée votre allocation ?

| Idée principale | Détail essentiel |
|---|---|
| 🤒 Arrêt maladie et ouverture des droits au chômage | Les périodes d’arrêt indemnisées comptent comme du travail effectif pour l’ARE. |
| ⏳ Allongement du délai de forclusion | Bénéficier d’un délai prolongé pour faire valoir ses droits après un arrêt indemnisé. |
| 🚫 Interdiction de cumuler ARE et IJSS | Choisir entre allocation chômage et indemnités journalières : impossible de percevoir les deux. |
| 🔄 Droits gelés, non perdus pendant l’arrêt | Se réinscrire sous 5 jours calendaires après l’arrêt pour reprendre le versement de l’ARE. |
| 💶 Reconstitution du salaire de référence par France Travail | France Travail calcule l’ARE sur le salaire reconstitué, sans pénaliser l’arrêt maladie. |
| 📊 Montant de l’ARE encadré par des planchers et plafonds | L’allocation ne peut pas descendre sous 32,13 € ni dépasser 75 % du salaire journalier de référence. |
Bonne question, et je vais être honnête avec vous : c’est l’une des plus fréquentes qu’on me pose. Est-ce que l’arrêt maladie compte pour le chômage ?
La réponse courte, c’est oui… mais avec des nuances qui méritent qu’on s’y arrête. Un peu comme quand on vous dit qu’un projet est « presque rentable » — le diable est dans les détails.
Voici tout ce que je vous explique, sans jargon inutile.
🤒 Arrêt maladie avant la perte d’emploi : Ce que ça change pour vos droits
Première chose à comprendre : un arrêt maladie suspend le contrat de travail, il ne le rompt pas (article L. 1226-1 du Code du travail). Autrement dit, votre contrat est en pause, pas terminé. La bonne nouvelle, c’est que les périodes d’arrêt maladie indemnisées par la Sécurité Sociale sont assimilées à des périodes d’emploi effectif pour le calcul de la durée d’affiliation.

Concrètement, pour ouvrir des droits à l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE), il faut justifier d’au moins 130 jours travaillés ou 910 heures sur les 24 derniers mois (36 mois si vous avez 55 ans ou plus). Les jours d’arrêt maladie indemnisés entrent dans ce calcul, comme si vous aviez travaillé normalement. En revanche, les arrêts non indemnisés par la Sécurité Sociale ne comptent pas.
Autre point souvent méconnu : le délai de forclusion. En temps normal, la fin de votre contrat de travail doit se situer dans les 12 mois précédant votre inscription. Si vous étiez en arrêt maladie indemnisé avant de perdre votre emploi, ce délai est allongé d’autant. Vous avez donc plus de temps pour faire valoir vos droits. C’est une vraie sécurité.
Pour les droits au chômage après une rupture conventionnelle, les mêmes règles d’affiliation s’appliquent. Si un arrêt maladie est intervenu pendant la période de référence, il est pris en compte de la même manière.
📋 Arrêt maladie pendant le chômage : Les règles à connaître absolument
Vous percevez déjà l’ARE et vous tombez malade ? Là, ça se complique un peu — mais rien d’insurmontable si vous connaissez les règles. Il est impossible de cumuler l’ARE et les indemnités journalières de la Sécurité Sociale (IJSS) pour une même période. C’est l’un ou l’autre, pas les deux.
Voici ce qui se passe selon la durée de votre arrêt :
| Durée de l’arrêt | Statut | ARE versée ? | IJSS versées ? |
|---|---|---|---|
| 😷 ≤ 15 jours | Catégories 1 à 3 maintenues | Non, suspendue | Oui, si conditions remplies |
| 🏥 > 15 jours | Transfert en catégorie 4 | Non, suspendue | Oui, si conditions remplies |
Les IJSS correspondent à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite de 1,4 fois le SMIC. Elles sont calculées sur vos anciens salaires, versées tous les 14 jours, après un délai de carence de 3 jours pendant lequel vous ne percevez rien. Zéro. Nada. Même pas l’ARE. C’est le moment idéal pour relire votre roman de chevet.
Si votre arrêt dépasse 15 jours, vous basculez en catégorie 4 et vous devez vous réinscrire dans les 5 jours calendaires suivant la fin de l’arrêt pour reprendre le versement de l’ARE. Ce retour n’est pas automatique — c’est une démarche que vous devez faire vous-même. Pas de réinscription, pas d’ARE.
Bonne nouvelle tout de même : vos droits ne sont pas perdus, ils sont gelés. La période d’arrêt est neutralisée et prolonge votre durée d’indemnisation. Si vous voulez estimer combien de temps vous pouvez être indemnisé selon votre durée de travail passée, jetez un œil à cet article sur la durée de chômage selon la durée travaillée.

💶 Comment l’arrêt maladie influence le montant de votre allocation ?
C’est là où ça devient vraiment technique, mais je vais vous simplifier ça. L’ARE est calculée sur la base d’un salaire journalier de référence (SJR), lui-même issu de vos rémunérations sur les 24 ou 36 derniers mois. Si un arrêt maladie a réduit votre salaire pendant cette période, vous pourriez croire que votre allocation sera plus faible. Mais non.
France Travail reconstitue votre salaire d’office, sur la base des déclarations de votre employeur. Le principe : on calcule ce que vous auriez gagné sans l’arrêt, en appliquant un coefficient de majoration obtenu en divisant le nombre total de jours du contrat par le nombre de jours normaux travaillés. Les IJSS, elles, ne rentrent pas dans ce calcul.
Le montant journalier de l’ARE est ensuite le plus élevé entre :
- 40,4 % du SJR + 13,18 €
- 57 % du SJR

L’allocation ne peut pas descendre sous 32,13 € par jour ni dépasser 75 % du SJR, avec un plafond absolu à 300,21 € brut par jour. Si votre allocation dépasse 92,57 € quotidiens, une mesure de dégressivité s’applique après 8 mois. Pour avoir une idée concrète de ce que ça donne selon votre salaire, vous pouvez consulter les estimations pour un salaire de 1 800 € net au chômage ou pour un salaire de 2 200 € net au chômage.
Un dernier point souvent ignoré : en cas de décès d’un allocataire pendant un arrêt maladie, l’allocation décès est tout de même versée aux ayants droit. Le fait que l’inscription soit suspendue pour raison médicale ne bloque pas ce versement. C’est une protection concrète, pas un effet d’annonce.
