Arthur Mensch : Fortune, parcours et secrets du prodige français de l’IA à 33 ans

Arthur Mensch : fortune, parcours et secrets du prodige français de l'IA à 33 ans
Points clésPrécisions
💰 Fortune exceptionnelle à 33 ansValeur estimée à 3 milliards d’euros grâce à ses parts dans Mistral AI
🎓 Parcours académique d’excellencePolytechnique, Télécom Paris, ENS, doctorat en neurosciences computationnelles
🚀 Cofondateur de Mistral AICréer un champion européen de l’IA transparent et open source face aux géants américains
📈 Levées de fonds recordPrès de 3 milliards d’euros levés en deux ans et demi, valorisation à 11,7 milliards
🌍 Défense des valeurs européennesPromouvoir une IA éthique, sobre et respectueuse de l’individu contre les Big Tech
💼 Position sur la taxe ZucmanFortune illiquide sur le papier, plaide pour une solution pragmatique via actions

Quand on me parle de fortune et de jeunes prodiges français, je ne peux pas m’empêcher de penser à Arthur Mensch. À 33 ans à peine, ce grand gaillard timide vaut aujourd’hui dans les 3 milliards d’euros 💰. Oui, vous avez bien lu. Et non, il n’a pas gagné au loto ni hérité d’une quelconque dynastie industrielle. Ce gars a simplement cofondé Mistral AI, la pépite française qui fait trembler les géants américains de l’intelligence artificielle. Franchement, quand je vois son parcours, je me dis que mes années à faire du dropshipping et à galérer avec les frais de douane, c’était de la rigolade comparé à ce qu’il a accompli.

Ce qui me passionne chez Arthur Mensch, c’est qu’il ne correspond absolument pas au cliché du tech bro arrogant. Lors de son passage au 20 Heures de France 2, j’ai découvert un type en costume bleu marine, chemise blanche et cravate à carreaux, avec ses cheveux légèrement ébouriffés et un sourire en coin presque timide. Rien à voir avec les gourous californiens qui te promettent la lune. Lui, il parle posément, honnêtement, sans bullshit. C’est rafraîchissant dans un secteur où beaucoup vendent des choses qui n’existent pas en parlant du futur comme si c’était déjà le présent.

Arthur Mensch a suivi le parcours classique de l’excellence à la française : École polytechnique, Télécom Paris, École Normale Supérieure. Pendant ses études, il donnait des cours de maths à Neuilly tout en bouclant le marathon de Paris en moins de 3h30. Autant vous dire que le bonhomme n’est pas du genre à se tourner les pouces. Il a enchaîné avec un doctorat à l’Inria et à l’Université Paris-Saclay sur les neurosciences computationnelles. Sa thèse a été qualifiée d’« exceptionnelle, sans doute la plus belle de mon équipe » par son directeur Bertrand Thirion.

Mais voilà où ça devient intéressant : Arthur Mensch a candidaté deux fois au CNRS. La première fois, il a été recalé. Imaginez la désillusion. La deuxième fois, il a été accepté, mais entre-temps, Google DeepMind lui avait fait une offre. Je me mets à sa place : d’un côté, la sécurité du CNRS et la recherche académique pure, de l’autre, un salaire complètement différent et l’opportunité de travailler sur des projets comme AlphaGo et AlphaFold. En novembre 2020, il choisit DeepMind à Paris. Une décision qui va changer sa vie et, accessoirement, l’écosystème technologique européen.

Ce qui me plaît dans cette histoire, c’est qu’il ne s’est jamais vendu comme un génie incompris. Ses anciens directeurs de thèse racontent qu’il était « un bulldozer qui pouvait un peu tout faire » mais qui « ne faisait jamais le malin ». Il partageait toujours publiquement le résultat de ses expériences pour faire avancer la communauté. C’est son idéal, et ça transparaît dans tout ce qu’il fait aujourd’hui avec Mistral AI.

📚 ÉtablissementSpécialité
🎓 École polytechniqueFormation généraliste d’excellence
📡 Télécom ParisTélécommunications et informatique
🧠 ENSRecherche avancée
🔬 Inria / Paris-SaclayNeurosciences computationnelles

En avril 2023, Arthur Mensch quitte Google DeepMind et cofonde Mistral AI avec Guillaume Lample et Timothée Lacroix, deux anciens de Meta. Sa justification au Wall Street Journal est limpide : « Je ne voulais pas développer une technologie opaque au sein des Gafam ». Voilà un mec qui assume ses valeurs et qui décide de créer une entreprise en cohérence avec ce qu’il pense. Ça me rappelle pourquoi j’ai accompagné ma femme dans la création de sa marque de soins éthiques : parfois, les choix responsables ont du sens économique.

Mistral AI porte le nom du célèbre vent français et développe des grands modèles de langage open source et propriétaires. Contrairement aux « boîtes noires » indéchiffrables vendues par les Américains, Arthur Mensch cultive la transparence. La plupart des modèles de Mistral sont en libre accès, mis à la disposition du public pour être utilisés, modifiés et distribués librement. C’est un pari audacieux dans un secteur où tout le monde protège jalousement ses algorithmes.

Les chiffres donnent le vertige. En seulement un an, Mistral AI réalise trois levées de fonds successives d’un montant total de plus d’1 milliard d’euros. En deux ans et demi, l’entreprise a levé près de 3 milliards d’euros. En juin 2024, la société était valorisée à plus de 6 milliards de dollars. Le 9 septembre, nouvelle levée de fonds de 1,7 milliard d’euros, dont 1,3 milliard investi par ASML, le géant néerlandais de la fabrication de semi-conducteurs. Cette levée valorise l’entreprise à 11,7 milliards d’euros, presque le double de sa valorisation précédente. Des mastodontes comme Microsoft, Salesforce et Nvidia ont investi dans la société.

Arthur Mensch détient environ 10% du capital de Mistral AI, ce qui explique sa fortune estimée à 3 milliards d’euros par Challenges. Bloomberg l’a propulsé dans le club des 50 Français les plus riches du monde, et Challenges l’a placé à la 45e place des 500 Français les plus fortunés. Pas mal pour quelqu’un qui hésitait à rejoindre Google quelques années auparavant, non ? (Petite blague : si j’avais su, j’aurais peut-être moins investi dans les frais de port et plus dans les neurosciences computationnelles 😄.)

Mistral AI propose chaque mois de nouveaux modèles d’IA qui bousculent les mastodontes américains comme OpenAI, Anthropic, Meta ou Google. L’entreprise est considérée comme le champion européen de l’IA générative. Le 26 février, Mistral lance « Le Chat », un agent conversationnel visant à proposer une communication plus naturelle que ChatGPT, avec un partenariat avec l’AFP pour améliorer la factualité des réponses. L’entreprise a également dévoilé « Mistral Large », décrit par Arthur Mensch comme « l’un des meilleurs du monde pour raisonner ».

Arthur Mensch : fortune, parcours et secrets du prodige français de l'IA à 33 ans

Lors de son passage au 20 Heures de France 2 mi-septembre, Arthur Mensch s’est exprimé sur la fameuse taxe Zucman, qui prévoit une taxation de 2% par an des patrimoines de plus de 100 millions d’euros. Il a déclaré qu’il « ne pourrait évidemment pas payer » cette taxe réclamée par la gauche. Son cas a été brandi comme l’exemple type de ces grandes fortunes aux patrimoines illiquides, incapables de s’acquitter de cet impôt.

Son argumentaire tient la route : les levées de fonds valorisent l’entreprise mais ne correspondent pas nécessairement à une liquidité. Cet argent est destiné à financer des investissements et ne tombe pas dans la poche des dirigeants. Mistral AI ne fait pas encore de bénéfices et ne peut donc pas distribuer de dividendes. Quand j’ai revendu la marque de ma femme à un grand groupe, j’ai compris la différence entre valeur sur le papier et cash disponible. On peut être riche théoriquement sans avoir un centime pour payer ses impôts.

Gabriel Zucman lui a répondu directement sur LinkedIn, proposant une solution pragmatique : l’impôt pourrait être payé en nature, c’est-à-dire en actions. Concrètement, au lieu de payer en cash, Arthur Mensch transférerait 2% de ses actions — soit 0,2% du capital de Mistral — à la puissance publique. Si Mistral ne fait pas de bénéfices pendant 10 ans, sa part au capital s’établirait à 8% tandis que la part de la puissance publique monterait à 2%.

Ce qui m’a frappé, c’est la modération d’Arthur Mensch dans ce débat. Il a déclaré être « plutôt convaincu qu’il faut plus de justice fiscale en France » et qu’il était important « d’avoir ce débat en regardant les deux côtés ». Il juge possible de trouver des solutions qui répondent au besoin de justice fiscale tout en permettant à la France de rester compétitive. Pas de posture dogmatique, juste du pragmatisme.

Arthur Mensch défend une intelligence artificielle européenne, éthique, transparente, économe et responsable. Il milite pour une IA plus sobre, plus économe en énergie, plus sûre. Il aime sincèrement la France et y voit « un vrai écosystème technologique en train de croître », « des talents » diplômés de « très bonnes écoles », et un excellent mix énergétique. Il aime à rappeler qu’il « doit beaucoup à la France » : « On a fait toutes nos études dans le système public français. On est ravi d’être ici. »

Son attachement aux valeurs européennes n’est pas que du marketing. Il a confié vouloir que son entreprise « soit le reflet de nos valeurs européennes, combinant innovation et respect de l’individu ». Il insiste sur l’importance de développer des technologies qui prennent en compte les impacts sociaux et éthiques. C’est exactement le genre de discours que je défends sur Innovation Responsable : l’innovation, c’est bien ; l’innovation qui sert à quelque chose, c’est mieux.

Arthur Mensch prévient sur les dangers de l’IA : « Le vrai danger avec l’intelligence artificielle, c’est qu’elle est en train de devenir le portail de l’information de demain. Qu’est-ce qui se passe si deux ou trois entreprises américaines contrôlent complètement la manière dont on accède à l’information ? » Cette question résonne particulièrement quand on voit comment Xavier Niel est devenu milliardaire en développant une infrastructure indépendante dans les télécoms. La souveraineté technologique, c’est pas qu’un concept abstrait, c’est une nécessité stratégique.

Son but est de bâtir un champion européen à vocation mondiale, un anti-Big Tech, un « pilier technologique » pour l’économie française, comme LVMH ou Hermès le sont pour le luxe. Il veut être l’entreprise la plus efficace en termes de capital dans le monde de l’IA. Dans cette bataille mondiale féroce, les produits de Mistral AI bousculent les Américains avec une efficacité et un rapport prix-performance imbattables.

Il ne ménage pas ceux qui lui mettraient des bâtons dans les roues, à commencer par Bruxelles et son AI Act, qu’il a plusieurs fois accusé d’être « contre-productif pour l’écosystème européen ». Il plaide également en faveur d’un assouplissement du droit du travail et d’une plus grande fluidité du marché du travail, en prenant exemple sur les États-Unis. Son raisonnement : dans le monde idéal pour une startup, tout le monde est bien payé, il faut rester performant pour rester dans l’entreprise, et celle-ci peut recruter chez ses concurrents plus facilement.

La reconnaissance ne se fait pas attendre. Le magazine Time l’a récemment inclus dans son classement des 100 personnalités les plus prometteuses du monde, dans la catégorie « Innovateurs ». C’est le seul Français à figurer dans le top 100. Il a intégré le comité de l’intelligence artificielle générative créé par Élisabeth Borne en octobre 2023, et en juin, il était seul avec Emmanuel Macron sur la scène de Vivatech. L’exécutif a supervisé de très près l’éclosion fulgurante de Mistral AI, devenu le présent et le futur de la souveraineté technologique européenne.

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