Blast Club avis : Notre enquête sur la plateforme d’Anthony Bourbon

| Points clés | Précisions importantes |
|---|---|
| 💰 Structure tarifaire complexe | Adhésion de 1 000 à 10 000 euros selon la formule choisie |
| 📊 Frais cumulés élevés | Entre 10% et 16% de frais totaux sur vos investissements |
| 🎯 Capital minimum recommandé | Disposer de 200 000 à 500 000 euros de patrimoine net |
| ⚠️ Performances incertaines | Une seule startup sur 36 affichait un résultat net positif en 2022 |
| 🚀 Diversification nécessaire | Investir dans 10 startups minimum pour espérer un retour significatif |
| 🔍 Controverses et zones d’ombre | Communication questionnée et clauses déséquilibrées selon des professionnels du secteur |
Bon, je vais pas y aller par quatre chemins : j’ai creusé le sujet Blast Club comme un archéologue en quête de vérité, et je vous livre ici ce que j’ai découvert. Anthony Bourbon et Samuel Guez ont cofondé ce club d’investissement qui promet l’accès aux startups pour tous, loin des barrières classiques du Private Equity qui demande au minimum 100 000 euros d’entrée.
L’idée ?
Investir aux côtés d’un type connu pour avoir participé à « Qui veut être mon associé ? » et fondé Feed, cette marque de repas en poudre.
Mais attention, derrière les paillettes se cache une réalité financière à connaître avant de sortir la carte bleue. 💳
💰 La structure tarifaire et ses surprises
Quand j’ai regardé les formules proposées, j’ai failli m’étouffer avec mon café. La formule Bronze démarre à 1 000 euros par an (anciennement le minimum), mais elle est passée à 1 500 euros pour l’adhésion minimale. Vous pouvez alors investir jusqu’à 10 000 euros maximum avec 2 000 euros par levée. Ensuite, Silver à 1 500 euros annuels vous ouvre 25 000 euros d’investissement total, Gold à 3 000 euros monte à 50 000 euros, Platinum à 5 000 euros permet 100 000 euros, et Diamond à 10 000 euros ne pose aucune limite.
Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les frais de structuration oscillent entre 3% et 5% du montant investi, prélevés une seule fois. S’ajoutent des frais de fonctionnement annuels de 1% pendant 5 ans maximum, plus une commission de 20% sur vos éventuelles plus-values. Au final, vous atteignez entre 10% et 16% de frais selon votre formule. Personnellement, quand j’accompagnais ma femme Virginie sur sa marque de soins pour cheveux, j’aurais pu accepter ces tarifs uniquement si la proposition de valeur était vraiment béton. Restons lucides : ces frais grignoteront sérieusement votre rendement potentiel.
Le fonctionnement via SPV (Special Purpose Vehicle) permet de créer une société dédiée pour chaque investissement, dont le capital est réparti au prorata de votre participation. L’avantage ? La réduction d’impôts Madelin de 18%. L’inconvénient ? Le SPV paiera l’impôt sur les bénéfices en cas de sortie positive (entre 1,8% et 3,3% selon la plus-value si le SPV détient plus de 5% de la société). Un exemple hypothétique avec des hypothèses optimistes donnerait un rendement annuel avant fiscalité autour de 4% pour un risque maximum. Franchement, pour ce niveau de risque, ça fait réfléchir. 🤔
🚀 Le portefeuille d’investissements et ses performances réelles
La plateforme revendique 36 startups au portfolio selon leur site, avec 250 millions d’euros investis au total. Anthony Bourbon affirme avoir injecté 80 millions dans l’économie française l’année dernière. Les secteurs sont extrêmement variés : nourriture, marketplaces, e-commerce, assurance et autres domaines. Tout ça sonne bien sur le papier, mais quand j’ai regardé les chiffres disponibles de 2022, une seule entreprise sur les 36 listées affichait un résultat net positif. Une startup, Sedeo, a même connu une liquidation judiciaire. Aussitôt Bon a été rachetée par Prosol (Grand Frais), mais pour le reste, difficile d’y voir clair car la plupart des entreprises ne publient pas leurs comptes complets.
Depuis quelque temps, le club propose des opportunités via l’accompagnement d’investisseurs expérimentés, notamment dans des startups issues de Y Combinator, l’accélérateur américain qui a vu passer Airbnb, Stripe et Dropbox. Anthony Bourbon recommande une stratégie de diversification forte : investir dans 10 startups issues de 8 promotions différentes pour espérer un multiple x10. Avec un ticket minimum de 1 000 euros par startup, on arrive à 80 000 euros minimum sans compter les frais. La plateforme affirme investir dans plus de 200 startups Y Combinator par an, suivant la fameuse « power law » du capital-risque où une seule licorne compense tous les échecs.
| Formule | Adhésion annuelle | Investissement max | Frais totaux estimés |
|---|---|---|---|
| 💵 Bronze | 1 000 € | 10 000 € | ~16% |
| 🥈 Silver | 1 500 € | 25 000 € | ~12% |
| 🥇 Gold | 3 000 € | 50 000 € | ~11% |
| 💎 Platinum | 5 000 € | 100 000 € | ~10% |
| 💠 Diamond | 10 000 € | Illimité | Variable |

⚠️ Les zones d’ombre et controverses du modèle
Florence de Maupeou, directrice générale de Financement Participatif France, a pointé dans Les Echos une communication trompeuse concernant une prétendue « levée de fonds » de 30 millions d’euros en 2023 qui était en réalité un cash-out permettant aux cofondateurs de revendre leurs actions. Des membres du board de France Fintech et des investisseurs professionnels s’inquiètent du modèle. Nombre de fonds professionnels refuseraient d’investir dans des entreprises ayant Blast dans leur capital en raison de clauses déséquilibrées au profit des cofondateurs.
Anthony Bourbon, 36 ans, raconte un parcours d’entrepreneur parti de rien, affirmant avoir vécu à la rue à 17 ans près de Bordeaux. Il évoque des « magouilles à la limite de la légalité » comme la revente de voitures ou de montres pour s’en sortir. Son mantra ? Se lever le matin « pour gagner beaucoup d’argent » et viser le milliard avant quarante ans. Il partage régulièrement ses vols en première classe avec caviar et champagne à ses 340 000 followers. Pendant que j’accompagnais la marque de Virginie avec une approche éthique et responsable, je constate ici une communication centrée sur l’opulence qui peut faire rêver mais qui pose question sur les valeurs véhiculées. 🎯
Côté Feed, sa marque de repas en poudre créée en 2016, les témoignages d’anciens salariés sont plutôt amers. Des promesses de devenir millionnaires, puis 17 licenciements par mail le 18 mai 2020 à la sortie d’une visio, soit un tiers de l’entreprise. Certains évoquent un traumatisme, un processus « hyper violent ». Une salariée en arrêt pour burn-out a été licenciée par mail à son retour. Dix ans après sa création, Feed peine à décoller avec seulement 10 à 15 employés actuellement. Pour quelqu’un qui prône la création d’emplois et l’innovation, ça interroge.
🎯 Mon verdict : à qui s’adresse vraiment cette opportunité ?
Avec plus de 14 000 membres début 2026 (contre 4 000 en 2023) et une équipe d’environ 60 personnes, le club connaît une croissance indéniable. Les membres apprécient le dealflow, la sélection rigoureuse des startups, la transparence, l’accompagnement pédagogique via formations vidéo, lives, afterworks et une communauté Discord de 3 500 membres. La plateforme est certifiée AMF, ce qui apporte un sérieux indéniable. Le site est jugé intuitif avec des présentations complètes incluant prévisions financières, vidéos des fondateurs et experts du secteur.
En revanche, plusieurs points méritent votre attention avant de vous lancer :
- 💸 L’investissement en startups reste extrêmement risqué et ne devrait jamais représenter plus de 5% à 20% de votre patrimoine net total
- 🏦 Vous devriez avoir au minimum 200 000 à 500 000 euros de capital net avant d’envisager ce type de placement
- 📊 Une diversification efficace nécessite d’investir dans une dizaine de startups par an minimum
- 💰 Les frais de la formule Bronze sont trop élevés, Silver constitue le minimum intéressant
- 🔍 Les comptes de Blast ne sont pas publics, impossible de vérifier les chiffres annoncés de manière indépendante
Selon France Invest, le capital-innovation présente des TRI moins intéressants avec plus de volatilité que le capital transmission ou l’infrastructure. Entre 20% et 40% des startups font faillite. Le modèle reste néanmoins plus structuré que les plateformes de crowdfunding classiques comme Tudigo ou Sowefund. Pour optimiser votre réseau professionnel et accéder à des opportunités exclusives, le concept tient la route, mais à condition d’avoir déjà diversifié votre patrimoine sur des actifs plus traditionnels : immobilier, bourse, or, obligations.
Personnellement, je ne placerais ici que de l’argent que je peux me permettre de perdre. L’investissement constitue avant tout un pari sur la capacité d’Anthony Bourbon et ses équipes à sélectionner des pépites. Il faut un minimum croire au personnage pour s’engager, et franchement, avec le niveau de drama observé sur LinkedIn et les controverses autour de QVEMA, ça demande une sacrée dose de conviction. L’innovation, c’est bien. L’innovation qui rapporte réellement à ses investisseurs, c’est mieux. 😉
